Voici Merhen (prononcez mèreune en roulant le ‘R‘ et en mettant l‘accent tonic sur la première voyelle). C’est le premier Kapirigän que j’ai rencontré lors de mes voyages. La morphologie de ces petits êtres est des plus surprenantes. Comme vous le voyez, ils sont pourvus de pattes arrières de chèvres et d’une queue de… De ce que vous voudrez… Les courtes cornes qu’ils portent ne sont pas l’exclusivité des hommes. Les femmes en sont pourvues tout autant, mais l’on trouve quelques rares cas des deux sexes qui en soient totalement dépourvus.
Les Kapirigäns vivent en bordure du Grand Océan qui borde le Royaume Nain à l‘Ouest. C’est une région essentiellement constituée de falaises côtières côté mer et de landes de rocaille et de bruyères côté terre. C’est une Contrée pauvre et désertique assez régulièrement battue pas des vents violents. Mais elle sait être magnifique à son heure, notamment à l’époque ou les bruyères sont en fleur. Le sol est alors recouvert de coussins fleuris mauves violacés s’étalant à perte de vue. Les Kapiragäns ne construisent pas d’habitations. Comme ils ne mesurent pas plus de quarante centimètres de haut à l‘âge adulte, ils se creusent des grottes dans la roche sous la Lande. Les seuls édifices qu’ils consentent à ériger à l’air libre sont en fait les menhirs. On en trouve un nombre impressionnant dans cette région. Il semblerait - mais je n’ai pas pu vérifié cette allégation - qu’un menhir soit dressé à chaque fois qu’une nouvelle grotte d’habitation est créée.
Si c’est exact, cela nous permet de nous faire une idée de l’importance de la population de ce peuple dans cette région. Encore qu’on ignore si chacun de ces foyers est encore habité aujourd’hui.
Étant donné ma taille, je n’ai évidemment pas pu visiter une de ces demeures souterraines. Je ne suis donc pas en mesure, hélas, de vous en faire le dessin.
Je ne sais pas grand chose d’autre des Kapirigäns, sinon qu’ils sont strictement végétaliens; qu’ils aiment boire, danser et faire la fête; que ce sont, en général, de forts bons musiciens et qu’ils n’ont aucune idée, mais alors aucune, de ce que signifie le terme « fidélité » quand il s’applique aux relations intimes. C’est en tous cas tout ce que j’ai pu obtenir de Merhen lors de mes discutions avec lui au sujet de des us et coutumes de sont peuple. Pour le reste, la discrétion et le mode de vie souterrain des Kapirigäns nous empêchent d’en savoir d’avantage sur eux. Ce que je peux en dire par contre, c’est que j’ai été fort bien accueilli et fort bien traité par tous ceux que j’ai rencontré. Si donc il vous arrivait de passer par cette contrée singulière et que vous ayez la chance d’en rencontrer comme ce fut mon cas, vous pourrez toujours leur rappeler mon nom, ça vous facilitera peut-être un peu les contacts.